Les couleurs fauves de Rima Amyuni

“Un grand jardin qui retient son ciel dans ses branches”. Quoi de plus poétique que le titre trouvé par Dominique Eddé, pour présenter lexposition en solo de Rima Amyuni, organisée par Aida Cherfan Art Gallery et Christiane Achkar Art Consultancy, à Starco – Beyrouth, du 10 janvier au 11 février.

Celle qui a fait ses études dans de prestigieuses écoles à Londres et à New York, a choisi de rentrer à Beyrouth, où elle a enseigné l’art à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA) et dans des écoles comme Louise Wegmann ou Jesus and Mary.

Après avoir participé à diverses expositions collectives au Liban et à l’étranger, elle se voit décerner le prix du jury du XVIIIe Salon d’Automne du Musée Sursock, en 1995.

Rima Amyuni, après avoir vécu de longues années entre Londres et New York, décide de s’établir dans la banlieue de Beyrouth, à Yarzé. Une petite colline parsemée de villas et de pins qui a donné à l’artiste l’inspiration perpétuelle pour composer sans arrêt des toiles originales et uniques.

“Yarzé m’a donné, dit Rima, beaucoup de nourriture pour la pensée et les sentiments, et a donné naissance à de nombreuses peintures et dessins.”

La lumière de la Méditerranée inspire ses couleurs riches et puissantes.

Les sujets qu’elle peint dans ses toiles sont variés: des paysages et des natures mortes, des autoportraits et des arbres, son jardin et des fleurs, ses deux chaises et deux arcades, des nymphéas et sa forêt magique, un village et une vue.

Elle travaille sur des toiles de dimensions différentes, donnant naissance à des œuvres où s’épanouissent ses couleurs et ses textures, selon le thème abordé ou l’émotion sublimée.

Car il s’agit en fait d’émotion et de sentiments avant tout. L’artiste y met de son âme pour créer des peintures vivantes et joyeuses. Un moment heureux qui s’expose devant l’œil d’un observateur ravi.

Rima Amyuni n’a jamais cessé de peindre, malgré les guerres et les conflits du pays, elle n’a pas non plus regretté d’être rentrée au Liban. On croirait que la puissance et l’intensité de ses couleurs découlent de cette situation dans laquelle elle a vécu.

La tristesse est sublimée en joie, ses portraits sont aussi ceux de son pays, la nature est sa source de sérénité. Elle la peint comme un conte fantastique que l’on raconte à un enfant qui croit aux fées et aux elfes. Elle donne vie à des objets, elle raconte des histoires que l’on a envie d’écouter et de lire sur ses toiles.

Elle puise dans sa palette pour mettre en scène des tonalités vives et fortes. Rima Amyuni est en effet une artiste du courant fauve. Elle s’apparente à Matisse et admire Picasso. Ses textures et les multiples couches de peinture qu’elle superpose sur ses toiles sont sa signature et son style personnel.

Admirer ses merveilleuses toiles, c’est fondre dans son univers fantastique et flamboyant. C’est aussi retomber en enfance et découvrir la pureté d’une vision à l’état brut, la naïveté d’un message d’amour qui continue d’émouvoir.

Depuis la pandémie, l’artiste peaufine, dans le cadre de son atelier au sein de la nature, cette nouvelle série de toiles qu’elle expose avec générosité, et pour notre plaisir, à Starco. Une exposition qui fait rêver et voyager dans un monde où la créativité donne des ailes, à travers un pinceau qui danse.

Original article at icibeyrouth.com

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