Art institute of Chicago

Je ne sais comment exprimer l’enchantement que j’éprouve à chaque fois que je visite un musée. Je ne sais comment expliquer cette fébrilité que je ressens lorsque je foule ces lieux qui renferment tant d’art. Et que dire lorsque l’entrée d’un musée expose une de mes toiles préférées! J’ai pris un plaisir fou à m’y promener d’autant plus que j’étais accompagnée de ma fille Mary, ma meilleure compagne de voyage et celle qui arrive le mieux à capter mes impressions artistiques.

Entrer dans l’Art Institute Of Chicago, c’est découvrir le deuxième plus grand musée d’art des États-Unis, après le Metropolitan Museum of Modern Arts de New York. Situé sur Michigan Avenue, une des artères principales de la ville de Chicago, ce musée, ouvert au public depuis 1879, a été agrandi entre 1893 et 2005 pour ouvrir entre autres la “Modern Wing” qui abrite la collection d’art moderne estimée la plus importante après celle du Centre Pompidou à Paris et le MoMA à New York.

Le musée compte aujourd’hui une superficie totale de presque 100 000 mètres carrés. Les collections impressionnistes et postimpressionnistes qui y sont installées viennent juste après celles du Musée d’Orsay de par leur importance.

Y circuler et découvrir Un dimanche après-midi à l’île de la grande Jatte de Seurat, Rue de Paris, temps de pluie de Caillebotte, une des trois versions de La Chambre de Van Gogh à Arles Jour de Dieu (“Mahana no Atua”) de Paul Gauguin, une trentaine de peintures de Monet dont une sélection de Nymphéas, c’est rêver les yeux ouverts devant les couleurs et leurs impressions d’une des étapes les plus fortes de l’histoire de l’art. Mais ce n’est qu’un avant-goût de l’expérience!

Un grand David Hockney attire mon attention; il ne s’agit pas d’une piscine, pour une fois! Je tourne la tête et laisse échapper “oh!” surpris, alors Mary me dit: “Mais oui! C’est la technique du ‘dripping’ que tu aimes tant. C’est un Pollock!” Puis un Ohhh… Alright… de Roy Liechtenstein me répond à l’autre côté du mur, où je découvre un superbe Willem de Kooning. Je suis comblée. Mais ce n’est que le début!

Le musée de l’Art Institute of Chicago est composé de quinze collections:

Sculptures de bois, masques, céramiques, textiles et ouvrages en métal des sélections africaine et amérindienne.

La section d’art antique présente une vaste collection d’œuvres grecques, étrusques, romaines et égyptiennes.

L’architecture se concentre sur l’environnement bâti régional, national et international, ainsi que sur le design des objets. Cette collection comprend plus de 250 000 pièces architecturales, dessins et fragments datant des années 1870 à nos jours. Le musée possède des pièces majeures, comme la reconstitution complète de la Chicago Stock-Exchanges Trading Room de David Adler, ou des dessins de Daniel Burnham, de Ludwig Mies van der Rohe et Frank Lloyd Wright.

La collection d’armes et armures composée de plus de 1 500 objets est l’une des plus importantes des États-Unis.

La collection asiatique comprend plus de 35 000 pièces d’une grande importance archéologique et artistique, intégrant des bronzes, des céramiques, des peintures, des miniatures et des sculptures.

On y trouve également la collection d’art contemporain, les arts décoratifs européens, la peinture et la sculpture européenne, l’art moderne, la photographie, les gravures et dessins, les textiles et enfin la collection de miniatures de la salle Thorne.

Quant au département d’art américain, il possède une collection de plus de mille peintures et sculptures allant du XVIIIe siècle jusqu’aux années 1950 et près de deux mille cinq cents objets d’art décoratifs allant du XVIIe siècle à nos jours, ainsi que du mobilier et de l’argenterie.

Nous avons découvert la superbe collection du photographe Alfred Stieglitz, cet artiste qui a voulu prouver que la photographie est un médium aussi fort en expression artistique que la peinture et la sculpture. Les fameuses peintures de son épouse, Georgia O’Keeffe, artiste moderniste et précisionniste du XXe siècle, m’épatent toujours. Les détails des fleurs que seule cette peintre réussit à créer sont uniques dans l’histoire de l’art.

Nous avons redécouvert certaines toiles de Mary Cassatt et d’autres artistes américains. Admirer des œuvres de peintres mexicains comme Diego Rivera ou Jose Clémente Orozco a fait partie de notre itinéraire.

Puis deux grandes icônes de la culture américaine se sont imposées à nos yeux: American Gothic de Grant Wood et Nighthawks de Hopper. Même effet que La Nuit étoilée au Musée d’Orsay ou Le Printemps de Botticelli à la galerie Uffizzi. Je me pâme devant cette merveille de l’art et je ne sais comment exprimer ce sentiment d’émerveillement devant une toile de grand maître que j’ai longtemps admirée dans les livres, et qui est tout d’un coup offerte à mes yeux dans toute son authenticité. Un dîner dans un restaurant presque vide au milieu d’une rue déserte. Cette toile me touche particulièrement en ce moment, à l’ère de la pandémie et de ces longs confinements où chacun s’est retrouvé silencieux et solitaire. Une peinture réaliste datant de 1942 qui relate une actualité. Moment d’émotion inexprimable. Je suis petite devant l’œuvre. Ma fille éclate de rire!

Nous continuons notre ballade et nous sommes impressionnées par le fameux et immense Sky Above Clouds IV de Georgia O’Keeffe, en descendant les escaliers. Puis nous nous retrouvons devant Le Vieux Guitariste de Picasso. Cette période bleue qui m’émeut et que je trouve si mélancolique et intense. Silence. J’écoute les mélodies tristes de l’instrument.

Et nous voguons de toile en toile le cubisme de Braque qui se confond à celui de Picasso. Il y a certaines peintures dont on ne saurait reconnaître l’auteur, tellement ces maîtres sont inspirés l’un par l’autre. Juan Gris peint Picasso, Robert Delaunay et Gino Séverini imposent leurs couleurs.

Nous allons vers le fauvisme. Matisse, Rousseau et Valminck colorient nos pupilles de mille feux joyeux. Kupka, Miró, Kandinsky puis Mondrian et Malevich dessinent les formes géométriques et les compositions colorées.
Des sculptures de Brancusi et de Duchamp nous interpellent.

Le surréalisme nous accueille dans une salle où je découvre une pipe qui “n’est pas une pipe” et une pomme verte en guise de visage. Magritte nous fait des clins d’œil. Dalí lui tient compagnie, évidemment!

La visite est terminée. J’aurais voulu y revenir. Peut-être un jour… je coche un point de ma to do list. Combien de musées n’ai-je pas encore visités?

Original article at icibeyrouth.comhttps://icibeyrouth.com/culture/22368

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